Le choix du brut
Tout commence par la sélection.
En premier lieu j'observe la masse, pas forcément la couleur ni l’effet mais bien la densité, les lignes visibles, les veines internes.
Comment la pierre se tient, comment elle a cassé et comment elle s’est formée.
Je vais rechercher la structure et essayer de comprendre le meilleur équilibre, le potentiel.
Le brut n’est pas une promesse.
C’est une hypothèse !
Le sciage
La pierre est ensuite ouverte.
Sciée lentement et sans forcer pour éviter de fragiliser le clivage.
L'intérieur relève l'observation préalable, elle affiche son potentiel et permet de lire les zones. Comprendre la logique de formation.
Les surprises sont fréquentes. Les défauts aussi.
Parfois, la pierre est comme tu l'imaginais.
Parfois, elle te demande d'observer un peu plus !
La forme
Avant toute forme, il y a un temps d’arrêt.
Je vais entrer dans l'analyse.
J'observe les lignes, les veines et surtout le clivage.
On repère les zones fragiles, les zones fortes, et on abandonne la porosité.
Vient ensuite la décision.
Je ne vais pas chercher quelque chose qui ne tiendra pas dans la durée.
La forme commence là.
La préforme
On enlève la matière inutile. C'est l'étape la plus longue et fastidieuse.
On pose les lignes principales, celles qui vont suivre tout le temps du processus et on installe les proportions.
La pierre commence à montrer son potentiel.
Le processus peut se poursuivre !
Le dômage
Les bords sont construits, ils sont réguliers et surtout consistants. C'est LA clef d'une cabochon correctement réalisé.
On cherche une épaisseur stable, une assise nette, tout doit être une continuité.
Le bombé est posé, il est progressif et doux.
La surface s’adoucit grace aux grains des roues et le polissage commence petit à petit.
Le dômage est l'étape clef, sans un bon dôme la pierre peut être complètement différente.
On ne gâche PAS la matière.
La taille
Pour la suite, on repasse partout, sur les bords, sur les côtés, sur le dôme.
Chaque passage compte. Il efface les griffes des roues précédentes et continue son affinage.
La pierre ne pardonne pas. Ce qui est retiré est perdu.
Il n’y a pas de retour arrière dans la taille, l'observation est essentielle.
Le polissage
La surface devient toute douce.
Les micro-rayures disparaissent et la brillance apparaît.
L'eau et l'oxyde permettent de créer une chaleur sur la surface pour augmenter sa brillance.
Le poli ne doit pas effacer, un polissage trop haut n'est pas forcement adapté à toutes les matières.
Le nettoyage
Les résidus et l'oxyde disparaissent.
La pierre est observée une dernière fois, à sec et à la lumière.
On vérifie les bords et les lignes.
Les zones sensibles, et voici la pièce finale.
Elle est prête !