À propos

Lire la pierre. Comprendre ses limites. Travailler dedans, pas contre.

Je travaille la matière.

Pas un concept. Pas une idée.

La matière telle qu’elle existe. Formée lentement.
Sous pression. En profondeur. En petite quantité.


Ce qui m’intéresse, ce n’est pas ce que l’on peut produire. C’est ce qui apparaît sans intention.


La nature ne cherche pas l’équilibre.

Elle ne cherche pas la régularité.

Elle ne cherche pas la beauté.


Elle accumule. Elle compresse. Elle fracture.
Et parfois, quelque chose tient.


Je m’intéresse à ces structures instables.
À ces équilibres improbables.

À ces zones de tension qui ont résisté.


Rien n’est optimisé.

Rien n’est prévu.

Rien n’est reproductible.


Travailler la pierre, c’est accepter de composer avec ce qui est là.


Pas avec ce qu’on voudrait. Pas avec ce qui serait plus simple.

C’est travailler avec des limites.

Avec des manques. Avec des contraintes réelles.

Ce qui m’importe, ce n’est pas la rareté décorative.

Pas l’exotisme. Pas l’effet.

C’est la rareté structurelle.


Celle qui vient du temps. De la pression. De la géologie.


Chaque pierre est une trace
D’un processus long. Silencieux. Irréversible.


On n’ajoute rien. On enlève.
On ne fabrique pas. On révèle.


Je ne cherche pas à embellir. Je ne cherche pas à corriger. Je ne cherche pas à lisser.


Je cherche à respecter ce qui tient.
Et à laisser disparaître ce qui ne tient pas.


Lapidaire.
Rien de plus.