Je travaille la matière.
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La matière telle qu’elle existe. Formée lentement, en quantité limitée.
Ce qui m’intéresse, ce n’est pas ce que l’on peut produire mais bien ce qui apparaît sans intention, ce qu'elle propose naturellement car la nature ne cherche pas l’équilibre, ni la régularité.
Elle ne cherche pas la beauté.
C'est beaucoup plus brut, elle accumule, elle compresse, les matières se mélangent entre, elles vont même créer des fracture.
Et le résultat, quelque chose qui tient !
Je m’intéresse à ces structures instables et colorées
À ces équilibres improbables, à ces zones de tension qui ont résisté.
Rien n’est reproductible.
Travailler la pierre, c’est accepter de composer avec ce qui est là, pas avec ce qu'on voudrait ou ce qu'on imaginait !
C’est travailler avec des limites et des manques, avec des contraintes réelles..
Ce qui m’importe, ce n’est pas la rareté décorative.
C’est la rareté structurelle.
Celle qui vient du temps, des années, des millions d'années, des milliards. Le résultat minéralogique.
Chaque pierre est une trace terrestre, témoin propre de ce long processus.
Ce métier il fonctionne avec ce qui est présent.
On ne fabrique pas. On révèle.
Parce que la matière est rare, elle se respecte, et ne pas la gâcher est plus qu'une mission, c'est l'évidence !
Lapidaire.
Rien de plus.