Atelier

Un lieu organisé pour la matière. Où le geste mène à la précision. Tout est pensé pour circuler, voir, ajuster.

Le choix du brut

Tout commence par la sélection.

Pas par la couleur. Pas par l’effet.

On observe la masse.

La densité. Les lignes visibles. Les veines internes.

On regarde comment la pierre se tient.

Comment elle a cassé. Comment elle s’est formée.

On cherche une structure. Un équilibre. Un potentiel.

Le brut n’est pas une promesse.

C’est une hypothèse.

Le sciage

La pierre est ensuite ouverte.

Sciée lentement. Sans forcer.

Pour voir l’intérieur. Pour lire les zones. Pour comprendre la logique interne.

Les surprises sont fréquentes. Les défauts aussi.

Parfois, la pierre confirme.

Parfois, elle contredit.

L’intérieur décide souvent à la place de l’idée.

La forme

Avant toute forme, il y a un temps d’arrêt.

On regarde. On tourne. On repose.

On suit les lignes. Les veines. Le clivage.

On repère les zones fragiles. Les zones fortes. Les zones mortes.

Vient ensuite la décision.

Ce qui peut être conservé. Ce qui doit être abandonné.

On ne cherche pas à sauver. On cherche à respecter.

La forme commence là.

Dans la lecture.

La préforme

On enlève la matière inutile.

On dégrossit. On simplifie.

Les angles tombent. Les masses s’allègent. Les volumes apparaissent.

On pose les lignes principales. On installe les proportions.

La pierre commence à exister.

Pas encore belle.

Mais déjà juste.

Le dômage

Les bords sont construits.

Réguliers. Consistants.

On cherche une épaisseur stable. Une assise nette. Une continuité.

Le bombé est posé. Progressivement. Sans à-coups.

La symétrie se règle. Les tensions s’équilibrent. La surface se tend.

C’est une étape clé.

Elle conditionne tout le reste.

La taille

Le geste ralentit.

Chaque passage compte. Chaque contact est mesuré.

On affine. On corrige. On ajuste.

La pierre ne pardonne pas. Ce qui est retiré est perdu.

Il n’y a pas de retour arrière. Il n’y a que des choix.

La main précède souvent l’idée.

Le corps ajuste avant la tête.

Le polissage


La surface s’affine.

Les micro-rayures disparaissent. La lumière apparaît.

On monte progressivement. Grain après grain. Sans brûler.

On respecte la matière. On respecte la chaleur. On respecte la pierre.

Le poli ne doit pas effacer.

Il doit révéler.

Le nettoyage

La poussière est lavée.

Les résidus disparaissent. L’eau révèle.

La pierre est observée une dernière fois.

À sec. À la lumière.

On vérifie les bords. Les lignes. Les zones sensibles.

La pièce se pose.

Elle est prête.